💿 Le Vinyle de la Semaine #3 : Serge Gainsbourg — Histoire de Melody Nelson (1971)
Après Marvin Gaye et Fleetwood Mac, notre troisième Vinyle de la Semaine change totalement d'atmosphère. On quitte la soul américaine et le drame californien pour entrer dans un objet beaucoup plus étrange, beaucoup plus sensuel, beaucoup plus français aussi : Histoire de Melody Nelson de Serge Gainsbourg.
C'est un album court — à peine plus de 28 minutes — mais il contient un monde entier. Un disque à la fois orchestral, narratif, vénéneux, presque cinématographique, qui n'a jamais vraiment eu d'équivalent dans la chanson française. Et sur vinyle, il prend une dimension encore plus troublante.
Si vous voulez comprendre pourquoi certains albums deviennent des objets de culte, commencez par celui-là.
| Artiste | Serge Gainsbourg |
| Album | Histoire de Melody Nelson |
| Année | 1971 |
| Genre | Chanson française, art pop, rock orchestral |
| Label original | Philips |
| Prix moyen (VG+) | 80 – 150 € |
| Prix moyen (NM) | 180 – 300 € |
Pourquoi cet album
Sorti en 1971, Histoire de Melody Nelson est probablement le disque le plus mythique de toute la discographie de Serge Gainsbourg. Pas forcément son plus connu du grand public, mais sans doute son plus culte, son plus influent, et l'un de ses plus audacieux sur le plan musical.
L'album raconte, sur sept morceaux qui s'enchaînent presque comme des scènes, la rencontre entre un narrateur d'âge mûr et une adolescente rousse nommée Melody Nelson, après un accident de Rolls-Royce et de bicyclette. Dit comme ça, on est évidemment en plein territoire gainsbourien : provocation, ambiguïté, obsession, élégance trouble. Mais ce qui fait de Melody Nelson un disque à part, ce n'est pas seulement son sujet — c'est sa mise en musique.
Avec l'arrangeur et orchestrateur Jean-Claude Vannier, Gainsbourg construit ici une œuvre d'une sophistication incroyable. Les basses sont profondes, les cordes surgissent comme dans un film anglais halluciné, les guitares glissent entre funk lent et rock brumeux, et la voix parlée-chantée de Gainsbourg flotte au milieu de tout ça comme un narrateur ivre de désir et de mélancolie.
Le disque a été un semi-échec commercial à sa sortie. Trop étrange, trop court, trop littéraire, trop peu formaté. Mais les années lui ont donné raison. Aujourd'hui, il est cité comme une influence majeure par des artistes aussi différents que Air, Portishead, Pulp, Beck ou Massive Attack. Et quand on l'écoute, on comprend pourquoi : cet album ne ressemble à rien d'autre.
Il y a des albums qu'on admire. Et il y a des albums qui créent leur propre climat. Histoire de Melody Nelson appartient clairement à la deuxième catégorie.
Pourquoi l'écouter en vinyle
Cet album est un miracle de matière sonore. Tout y repose sur la texture : la basse qui rampe sur Melody, les cordes déchirantes de Ballade de Melody Nelson, la montée finale presque apocalyptique de Cargo Culte. Sur vinyle, cette matière prend corps. Le disque gagne en profondeur, en relief, en densité émotionnelle.
Le format 33 tours lui convient particulièrement bien parce qu'on est face à une œuvre courte, dense, séquencée. Pas de remplissage, pas de morceau de transition inutile. Chaque piste compte. Chaque enchaînement a été pensé. Le vinyle vous oblige à écouter l'ensemble comme un tout — ce qui est exactement la bonne manière d'aborder cet album.
Et puis il y a la pochette. Son esthétique est inséparable de l'œuvre. En grand format, elle devient immédiatement plus puissante, plus fétichiste, plus iconique. C'est typiquement le genre de disque qu'on ne veut pas seulement entendre : on veut aussi le tenir, le regarder, le sortir de l'étagère.
Quel pressage choisir
✅ Le pressage à chercher :
Le premier pressage français de 1971 sur Philips reste la référence absolue pour les collectionneurs. C'est l'objet historique, celui qui porte toute la charge symbolique de la sortie originale, avec le son le plus organique et le plus naturel pour beaucoup d'amateurs. Il est devenu recherché, ce qui explique sa cote assez élevée aujourd'hui. En bon état, c'est une pièce magnifique de collection française.
👍 La bonne alternative :
Les rééditions officielles Universal / Mercury des années 2010 sont le meilleur choix pour qui veut surtout écouter l'album dans de bonnes conditions sans partir à la chasse au premier pressage. Elles sont plus accessibles, plus simples à trouver, et permettent de profiter de l'œuvre sans le stress ni le budget d'un original Philips de 1971.
❌ À éviter :
Méfiez-vous des éditions floues, mal documentées, vendues comme « import rare » ou « édition collector » sans précision claire sur le label, la date ou la provenance. Melody Nelson est un album culte, donc naturellement exposé aux pressages douteux, aux copies approximatives et aux éditions non officielles. Si le vendeur est vague, passez votre chemin.
💡 Pour aller plus loin : consultez notre guide pressages originaux vs rééditions pour apprendre à repérer les bonnes versions. Et si vous achetez d'occasion, notre guide complet du grading vinyle vous aidera à éviter les mauvaises surprises.
💿 Le verdict GroovePick : Histoire de Melody Nelson n'est pas seulement un grand album français — c'est un disque culte mondial. Court, dense, obsessionnel et d'une beauté sonore unique, il mérite largement sa place dans une collection vinyle sérieuse. Un album pour les soirs de pluie, les écoutes attentives, et les amateurs de disques qui laissent une trace durable.
👉 Rechercher Histoire de Melody Nelson sur GroovePick
💡 Vous ne savez pas quel état choisir ? Consultez notre guide complet du grading vinyle.
📅 Le Vinyle de la Semaine est une rubrique hebdomadaire de GroovePick. Chaque semaine, on sélectionne un album coup de cœur à (re)découvrir en vinyle — avec son histoire, ses pressages recommandés et son prix moyen.
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Écoutez. Dénichez. Vibrez.
— Leomax, pour le blog GroovePick
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